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Rencontre avec l’association R.E.N.A.R.D.

Une vision de terrain près des amphibiens !

vendredi 2 mai 2014, par Hélène Lipietz, Emmanuelle Orvain

Je soutiens par le biais de ma réserve parlementaire 2014 la pose de crapauducs par l’association du Rassemblement pour l’Etude de la Nature et l’Aménagement de Roissy et son District (R.E.N.A.R.D.). Certains rêvent de donner leur noms à une bibliothèque, un pont ou un aéroport, je préfère que mon nom soit illustre auprès des crapauds et des tritons :-)

Voir en ligne : LE site de l’association R.E.N.A.R.D.

L’association R.E.N.A.R.D., créée depuis 1978, recueille dans des bases de données des informations écologiques. Ayant un agrément régional qui lui permet d’intervenir sur toute l’Ile-de-France, elle est amenée à agir avec ses bénévoles notamment dans les départements du Val-de-Marne, Essonne, Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne. « Nous avons des bénévoles qui viennent du Val-de-Marne parfois pour nous aider à faire les relevés ! Ce sont des amoureux de la nature, des gens qui veulent conserver la vie sauvage », me confiant M. Roy.

Sa vision très étendue sur une bonne partie de l’Ile-de-France et son expertise lui permettent d’anticiper certains grands projets d’aménagement du territoire et de questionner leur pertinence, ainsi que leurs impacts locaux sur la biodiversité et l’environnement.

La communauté d’agglomération Val Maubuée (l’un des partenaires de R.E.N.A.R.D.) aide l’association dans ses actions.

L’association R.E.N.A.R.D., rusée !

Quelques unes des nombreuses actions menées par l’association

  • relevés de l’atlas dynamique de la biodiversité avec le Conseil Général 77. Cette action sert à valoriser l’espace, améliorer les connaissances naturalistes sur le département afin que la faune et la flore soit prise en compte de façon plus pertinente dans les projets d’aménagement notamment.
  • Sauvetage des crapauds de Croissy-Beaubourg Les habitants sont ravis d’avoir un arrêté de protection de biotope. Avec l’action de certains riverains et du R.E.N.A.R.D., les mentalités ont beaucoup évolué. Auparavant, ils s’amusaient à rouler sur les crapauds pour les entendre éclater. Maintenant, 25 bénévoles sont mobilisés à tour de rôle pour piéger les amphibiens, en faire les relevés, les photographier et résoudre les éventuelles querelles de voisinage entre les résidents du lotissement et le dispositif de crapaudrome.
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Les crapauds sont obligés de passer ailleurs que dans ces grillages donc l’espacement est trop grand pour eux
Photo - Emmanuelle Orvain

Dans cette zone géographique de la forêt de Ferrières, les membres de l’association ont constaté une recrudescence de la fréquentation des forêts au moment des champignons. Le problème est que les réserves de champignons et leurs nombreuses variétés s’amenuisent au fur et à mesure [1]. Ce phénomène semble moins toucher les jonquilles ou le muguet dont les populations ne semblent pas diminuer d’une année sur l’autre du fait de la cueillette.

  • échanges de connaissances en territoire métropolitain, mais également avec des associations au Pays de Galles et en Hollande.
  • activités d’enseignement écologique, intervention saisonnière dans les établissements scolaires grâce à Christelle Pluvinet, salariée de l’association
  • activité de pré-contentieux qui lui permet d’accumuler des connaissances primordiales pour poser les bonnes questions et dissuader les instances d’effectuer certains projets. La démarche de l’association part de questions simples mais essentielles : comment faire de bonnes demandes ? Comment se faire entendre ? Comment faire comprendre l’utilité de l’action de R.E.N.A.R.D. et sensibiliser au fait qu’urbanisation et protection de la nature doivent aller de pair ?
  • démarchage auprès de certaines entreprises et collectivités d’agir en faveur de l’environnement, comme c’est le cas de FM Logistique à Mormant qui a pris des mesures de préservation de biodiversité dans les locaux de l’entreprise.

Dans le cas de présence d’espèces protégées, l’association peut proposer dans certaines conditions de prélever l’espèce sur le site futur d’aménagement et de la déplacer dans un écosystème identique afin de la préserver.

Crapauds un jour, crapauds toujours

On estime à l’association que les crapauds peuvent traverser le lotissement en une nuit. Cependant, les animaux ne traversent pas forcément d’une traite et peuvent divaguer entre les deux points avant de parvenir au point d’arrivée. Un crapaud peut se déplacer sur 4 km entre son lieu d’hibernation et son lieu de reproduction ! Pas mal pour une petite bête comme ça.

Le biotope de l’Etang de Beaubourg

3 000 hectares de forêt régionale, un peu de forêt domaniale et un arrêté préfectoral de protection de biotope.

Un lotissement s’est construit dans les années 1970 et depuis environ dix ans, l’association procède à des relevés avec une méthodologie très précise. Non loin de là, l’étang de Croissy et la forêt de Ferrières font un lien écologique. Entre le Petit Parc de Croissy et l’Etang de Beaubourg, l’association dénombre entre 1 500 et 5 000 crapauds migrant chaque année. Depuis 2013, l’association installe au début de la migration des barrières aux passages présumés des crapauds. Devant le filet, des seaux sont enterrés de façon à ce que les animaux longeant la barrière tombe dedans sans pouvoir en sortir à l’exclusion des petites souris et autres rongeurs qui peuvent sortir du seau par le long d’un bâton.

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Un bout de bois dans un seau lesté avec une grosse pierre et un peu d’eau : c’est un dispositif de crapauduc bien sûr !
Photo - Emmanuelle Orvain

Chaque jour, les bénévoles viennent ramasser les crapauds communs le matin (dans les seaux) et le soir (dans les rues) afin de leur faire traverser le lotissement sans qu’ils se fassent écrasés. Certains animaux cependant passent sous les roues des voitures. Il est difficile d’en connaître le nombre exact car les corneilles mangent les cadavres avant le passage des bénévoles le matin.

Même s’il n’y parait pas, il y a beaucoup de faune sauvage dans les lieux urbanisés, et cela participe positivement aux schémas de cohérence écologique. Cette continuité se fait parfois par les réseaux d’eau, notamment en ce qui concerne les animaux aquatiques et semi-aquatiques.

Bois Saint Martin

280 hectares de boisement au milieu de la Seine-Saint-Denis. Sa richesse biologique est liée à une grande prairie de fauche qui complète le milieu boisé, ainsi qu’aux mares qui créent des habitats favorables aux amphibiens. Ce site est préservé des projets d’aménagement et conserver avec l’arrêté préfectoral de biotope. Le site est ainsi fermé au public et l’accès y est autorisé quelques jours par an avec la présence d’un guide.

« On ne voit bien que ce que l’on connaît déjà » soulignait M. Roy, le Président de l’association. L’ensemble des membres de l’association R.E.N.A.R.D. ont la volonté d’uniformiser les connaissances sur différents groupes d’animaux ou de végétaux : champignons, oiseaux, amphibiens…

Sur le terrain, difficile de trouver l’équilibre entre écologie et politique

Le grand public préfère les grands espaces protégés avec beaucoup d’espèces même s’il ne sait pas les nommer.

Un exemple concret : valoriser une action menée depuis plus de 20 ans à Roissy en Brie avec les hirondelles rustiques.

Lors de la rénovation de cette vaste cour de ferme pour en faire un lieu culturel et artistique, R.E.N.A.R.D. a milité pour que les poutres qui tenaient l’ancienne bâtisse maintenant transformée en médiathèque soient déménagées avec les nids d’hirondelles au bout de la même bâtisse, laissé vide à 50 mètres pour faciliter le retour et maintenir la présence de ces oiseaux fragiles dés le printemps suivant. Le 31 Mars, il y avait déjà 3 nids à nouveau habités ! Des bénévoles viennent faire le suivi des nids qui sont numérotés.

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Les nids d’hirondelles numérotés
Photo - Emmanuelle Orvain

A l’Etang de Beaubourg, nous n’avons pas trouvé de crapauds dans la forêt, mais peut-être y en avait-il dans les jardins.

L’association n’a pas de visibilité sur ces chiffres mais M. Roy m’a affirmé que depuis la mise en place des crapaudromes, il n’y avait quasiment plus de crapauds dans les rues dont les entrées sont ainsi fermées à la circulation capaudine. Il y a un fossé du côté sud du lotissement qui sert de trajet pour les crapauds jusqu’à l’étang. Toutes les espèces ne vont pas se reproduire dans les étangs (seuls les crapauds y vont), d’ailleurs : les grenouilles n’y vont pas, les salamandres non plus, puisqu’elles mettent bas dans les ornières (c’est un animal ovovivipare).

Grâce au piège dans l’étang, j’ai pu observer un triton mâle en tenue de séduction : dard au bout de la queue, pattes arrières palmées et ventre jaune ! J’ai appris que le triton vit sur terre et se reproduit dans l’eau.

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Voici le triton avec un micron. Comme la crête ou les palmes, le micron est un accessoire de séduction !
Photo - Emmanuelle Orvain

Notes

[1mon mycologue de mari prétend que c’est le tassement des sols par les chasseurs de champignons et autres promeneurs qui nuit à la reproduction de certaines espèces, d’autres en revanche sont des spécialistes du percement de trottoirs (agaric des trottoirs bien connu et immangeable à cause de la pollution, un champignon sain mais empoisonné en quelque sorte…

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