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Visite du centre de valorisation des déchets organiques d’Ozoir la Ferrière

lundi 2 décembre 2013, par Hélène Lipietz, Emmanuelle Orvain

En juin dernier a eu lieu l’inauguration du centre de valorisation des déchets organiques du SIETOM, après moult péripéties juridiques.

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Maquette de l’ensemble du site
Photo - Emmanuelle Orvain

L’amendement organique : loin des préoccupations du Sénat [1]

Le traitement des ordures du bac tout venant par le centre de valorisation des déchets organiques se fait sur l’un des sites du SIETOM à Ozoir.

Avant de devenir un amendement organique – loin des amendements qu’Aurélien et Perline rédigent lorsque l’on souhaite modifier une loi ! - les déchets tout venant passent par différentes phases de traitement, sans aucun tri préalable. La qualité du produit fini va donc dépendre de la qualité du tri domestique.

  • Ils séjournent tout d’abord trois jours dans deux bioréacteurs. Dans ce milieu humide (50 à 55 % d’humidité) et chaud (jusqu’à 70 degrés), ils sont retournés et transformés en un mélange homogène.
  • Ce mélange passe ensuite par une phase d’affinage primaire qui permet de supprimer les plastiques, les corps lourds, les métaux.
  • A l’issue de ce premier criblage, le compost passe en phase de traitement intensif pendant 30 jours. Il est entreposé sous forme d’andains (tas), comme l’illustre la photo ci-dessous, est soufflé, arrosé et retourné.
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Dans l’entrepôt, le compost subit différentes phases de traitement
Photo - Emmanuelle Orvain
  • Un second stade d’affinage permet de cribler de nouveau la matière. A l’issue de cet affinage secondaire, l’ensemble des corps étrangers inertes doit être supprimé.
  • Le dernier stade de traitement consiste en une phase de maturation d’une vingtaine de jours et de stockage.

Des amendements au top de la qualité

Pour comprendre la suite de cet article, il convient de bien faire la différence entre amendement, le compost et l’engrais :

  • l’amendement organique nourrit le sol. C’est un produit stable, sec, à haute valeur agronomique, l’amendement organique est issu du compostage des déchets organiques (déchets alimentaires, déchets verts, boues issues de l’épuration des eaux). Riches en humus, il est utilisé en épandage pour améliorer les propriétés des sols : physiques : stabilisation, aération et lutte contre l’érosion ; chimiques : fertilisation et enrichissement en oligo-éléments ; biologiques : renforcement de la résistance des plantes et de l’activité biologique des sols.
  • Le compost est une forme d’amendement.
  • Et l’engrais est une substance organique ou minérale qui apporte aux plantes des compléments d’éléments, nourrissant directement la plante.

Avant évacuation vers les parcelles agricoles,L’amendement produit à l’usine fait l’objet de contrôle par le biais de prélèvements réguliers qui doivent confirmer sa conformité à la norme NF U44-051 révisée. Ce « compost » a une bonne valeur agronomique et un bon rapport « carbone / azote » qui facilite la minéralisation des sols.

Aujourd’hui, le citoyen lambda peut continuer à trier ses déchets verts et en faire du compost ou les donner à ses poules : ça ne pose pas de problème au SIETOM qui appuie sa démarche sur le tri des éléments se trouvant dans le bac des ordures ménagères.

Monsieur Rodriguez, Maire de Presles-en-Brie et Président du SIETOM, véritable "poète du déchet", me faisait remarquer que « c’est une pure folie d’enterrer ou de brûler les ordures ménagères, alors que des technologies et des techniques efficaces existent pour en tirer un amendement qualitatif. Il ne faut pas avoir peur de l’odeur, notre usine ne sent rien »

Et l’odeur ?

Nous avons pu toucher et sentir une barquette de compost « vieux » d’à peine deux semaines.

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La barquette d’amendement, une odeur de compost
Photo - Emmanuelle Orvain

La construction de l’usine de retraitement a été retardée par de nombreux procès initiés par des voisins craignant l’odeur. Pourtant, comme le dit M. Rodriguez, le choix de cette usine de compostage, une première en Europe, a été fait justement pour éviter les odeurs.

Il faut savoir que le travail de compostage effectué dans cette usine n’est ni plus ni moins que le procédé accéléré de ce que fait la nature : en 21 jours, on obtient un compost qualitatif. Dans son environnement naturel, il aurait fallut 4 à 6 mois pour que la détérioration s’effectue. Il a déjà subi quelques changements de températures : passant d’une température ambiante à 60 voire 70°C afin de supprimer les micro-organismes. L’étape suivante est de faire retomber la température à 20°C environ pour arriver à avoir un compost inerte mais efficace.

Tous ces stades produisent des odeurs. C’est pourquoi l’air de l’usine est extrait à toutes les étapes du processus et est renvoyé dans des silos enterrés, remplis de matière filtrant les odeurs (déchets de pin et autres). L’air monte à travers ces filtres à particules odorifères et ressort naturellement sans odeur. Lorsque vous passez sur la Départementale D471 entre Melun et Marne-la-Vallée, vous ne sentez rien, même fenêtres ouvertes, alors que vous passez à 500m de cette usine.

Couplé avec l’usine de tri que nous avons aussi visitée et les recycleries, nous pouvons espérer que les décharges sauvages n’auront plus lieu d’être. Mais le meilleur déchet, le plus simple à trier, celui qui pèse le moins sur nos impôts locaux, c’est le déchet que l’on ne produit pas, par exemple en privilégiant l’achat au poids ou à l’unité pour tout consommer.

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Décharge sauvage, Aqueduc de Dhuis, Septembre 2012
Photo - Hélène Lipietz

Notes

[1quoique nos amendements font souvent l’objet d’un tri, notamment au crible de l’article 40 de la Constitution

Forum

3 Messages

  • Comment pouvez vous tenir de telles propos !!! J’habite Ozoir et suis riverain de cette usine. Lorsque le vent vient du centre de compostage on à l’impression d’habiter dans une déchétterie !!!!!!

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    • Je relate simplement ce que j’ai senti… j’ai visité l’usine, je suis passée à côté et y passe encore régulièrement… L’odeur dans l’usine est horrible et j’admire ceux qui y travaillent… mais à l’extérieur, cela ne sent pas sauf… quand il y a une panne.

      Je rappelle aussi que cette usine a remplacé une autre usine, sur le même site qui elle ne devait pas sentir meilleur avec le risque en plus de dioxine, comme à Melun…

      Le problème reste entier : la meilleure usine du monde sera toujours pire que l’absence de déchets, mais que faisons nous pour obliger les industriels à ne plus nous encombrer de déchets et que faisons nous pour réduire notre poubelle ?

      La législatrice que j’étais n’a pas eu à se pencher sur la question, la consommatrice que je suis choisit d’acheter dans des biocoop, celui de Chevry-Cossigny par exemple, avec les emballages que j’apporte pour les remplir

      Merci de votre lecture

      Répondre à ce message

  • Bonjour, L’usine est en arrêt technique pour malfaçons depuis le 1er/10/2016. Lors des Portes Ouvertes de 2015, l’article du journal Le Parisien titre L’usine de compostage attire les curieux malgré les mauvaises odeurs.

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