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Visite d’AIP ReFon

Association d’Insertion Professionnelle de la Région de Fontainebleau

mercredi 16 octobre 2013, par Hélène Lipietz, Emmanuelle Orvain

Depuis ses débuts, AIP Réfon (association d’Insertion Professionnelle de la Région de Fontainebleau) s’occupe de distribuer et de réparer les bacs d’Ordures ménagères et de tri (de fabrication française). Si un bac est cassé, si une roulette a cédé ou si le couvercle rencontre un souci, c’est l’association qui se charge de la remise en état ou du remplacement des bacs.

AIP RéFon dans son contexte

L’association travaille pour

en direct sur certains marchés, et en partenariat avec d’autres prestataires comme TRIADE, VEOLIA sur d’autres marchés.

Sur le site de tri de Vernou-la-Celle-sur-Seine, l’association bénéficiera prochainement de nouveaux bâtiments et d’une plateforme de circulation adaptée, construits par le SMICTOM. Cette nouvelle surface, plus fonctionnelle sera un véritable soulagement pour les équipes en charge de la manutention.

Depuis 2010, l’association a révisé ses statuts car elle demeure la « mère porteuse » du projet, mais a décliné une filière entreprise Ensemble Environnement AIP RéFon afin de pouvoir répondre à des appels d’offre. Même si elle n’a pas vocation à faire des bénéfices, l’entreprise doit équilibrer ses comptes.

Ce que l’association se charge de récupérer dans les déchetteries ou via La Recyclerie :

L’objectif étant de faire un tri avant de diriger ces divers objets vers d’autres centres de recyclage, récupération, traitement (comme le centre de traitement Véolia à Gonesse).

Voici des chiffres qui laissent rêveur quant à notre surconsommation d’objets programmés pour être obsolètes avant même d’être sur le marché, AIP RéFon a récupéré en un mois dans 12 déchetteries :

  • 350 frigos
  • 24,5 tonnes de téléviseurs et écrans
  • 31 tonnes de PAM
  • 20 tonnes de « hors-froid » (fours, machines à laver, hottes, radiateurs,…) !

Pour ce qui est des livres, il y a énormément d’apports, et malheureusement très peu de ventes à la Recyclerie, même à 50 centimes le livre.

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Dans l’entrepôt, les « DEEE » sont stockés
Photo - Emmanuelle Orvain

Nous avons appris beaucoup de choses, notamment que le traitement du papier kraft ne se fait pas de la même façon que celle du papier blanc ni du papier couleur (renvoyé à Greenfield à Château-Thierry).

Moi qui trie depuis des décennies, j’ai été surprise d’apprendre que mon tri n’était pas tout à fait adéquat et qu’il fallait repasser derrière moi !

Petite note : ces tonnes de papiers pourraient parfaitement être renvoyés par bateau jusqu’au Havre en passant par le Port autonome de Paris. Cela serait très certainement l’occasion de mutualiser des coûts avec l’entreprise FEHR située à proximité. "C’est un paramètre qui devrait être repris par les élus afin de le faire figurer dans les critères des appels d’offres", a souligné l’équipe d’AIP RéFon, qui serait tout à fait favorable à la mise en place de ce type de pratique. Cependant ces transferts ne sont pas de sa compétence.

Une collaboration étroite

AIP ReFon est sollicitée par le SIRMOTOM de Montereau pour mener une nouvelle expérience après, la distribution de composteurs en bois : la distribution d’un poulailler pour les ménages volontaires. Cette nouveauté est en phase de test sur 40 foyers. AIP RéFon ne livre pas les poules qui vont avec ! Petit bémol pour cette très belle initiative qui plaira aux jardiniers : le poulailler, malgré son nom "Québécois", est produit en Chine ! Pourquoi ne pas avoir fait le choix de faire fabriquer cette grande cage en bois et grillage à un ESAT ? Je pense par exemple au Domaine Emmanuel.

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Un poulailler pas comme les autres…
Photo - Emmanuelle Orvain

Un personnel investi

A l’entrée et à la sortie du site, les déchets sont pesés, mis dans des bennes selon une disposition « en mur ». Ce travail de manutention implique une forme physique digne d’un athlète ! AIP RéFon forme fréquemment son personnel et ses chefs d’équipes aux enjeux de Qualité et Sécurité Environnement (QSE).

Le personnel est composé de deux chefs d’équipes qui encadre la dizaine de manutentionnaires qui est en insertion « conjoncturelle », sous contrat dit de Contrat à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI) de 4 mois renouvelables (jusqu’à 2 ans).

Les manutentionnaires sont souvent éloignés de l’emploi parce qu’ils manquent de qualifications pour accéder à un poste en entreprise, ou parce qu’ils sont malheureusement victimes de discrimination à l’embauche, rencontrent des problèmes de logement, de santé ou d’ordre familiaux. Il est intéressant de savoir qu’AIP RéFon n’emploie pas le même public que celui intervenant sur des chantiers d’insertion, comme c’est le cas d’AIPI-EIREL par exemple.

Un dynamisme dynamisant

Mme Magnan de Bornier est la Directrice Générale depuis le 2 Mai 2013 (mais elle rejoindra fin octobre son époux en Nouvelle Calédonie) suite à un grave souci judiciaire causé par une précédente direction peu scrupuleuse. Les « garde-fous » nécessaires (expert-comptable et commissaire aux comptes) avaient pourtant été mis en place, mais n’ont pas suffi à limiter les abus. Cette situation fait resurgir une solidarité au sein de la structure AIP RéFon : le personnel et les membres du Bureau font face ensemble, ainsi que les partenaires externes qui souhaitent que l’activité d’AIP RéFon continue (SMICTOM, etc.).

Ainsi, l’association envisage de revoir ses statuts dès la fin du mois de septembre afin qu’il y ait suffisamment de libertés pour la nouvelle directrice / le nouveau directeur, tout en procédant à un contrôle rigoureux afin d’éviter une nouvelle surprise.

Plusieurs scenarii sont développés par la direction temporaire afin d’envisager l’avenir le plus sereinement possible.

L’activité de La Recyclerie à Vaux-le-Pénil, même si elle n’est pas extrêmement connue est nécessaire. Du point de vue environnemental, elle évite l’enfouissement de tous ces déchets. Du point de vue économique, elle permet d’élargir le marché de seconde main sur le territoire, rend des services à la population et reste une vitrine pédagogique pour le SMITOM. 

Je vous encourage d’ailleurs à aller dans ce lieu de récupération et remise en état. Ma permanence a été aménagée, à un ou deux accessoires près, grâce aux meubles qui étaient en vente à La Recyclerie.

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Les meubles de ma permanence, où travaille Emmanuelle, viennent de La Recyclerie ! Sauf la fleur et les tableaux !
Photo - Emmanuelle Orvain

Des citoyens dans l’ignorance

Il s’avère que plus nous avancions dans la visite d’AIP RéFon, plus il ressortait que les pratiques de tri, même si nous sommes de plus en plus nombreux à les mettre en œuvre au quotidien, changent d’une commune à une autre. Les journaux des Syndicats en charge des Déchets font de fréquents rappels. Cependant, le processus semble extrêmement compliqué. Ne serait-ce pas possible de nationaliser les couleurs de bacs, la façon de trier ?

A ce propos, pendant mes vacances dans le Sud de la France, j’ai remarqué qu’à l’intérieur du couvercle du bac de tri dont nous disposions, il y avait une sorte de « vadémécum du tri » pour savoir si le déchet que je m’apprêtais à jeter allait se trouver dans la bonne poubelle…. Ce rappel résiste ainsi au soleil et à la pluie et permet à l’ultime moment de rappeler les modes de tri.

Grâce à cette rencontre, j’ai appris qu’AIP RéFon lutte également pour supprimer les « encombrants » en proposant aux particuliers soit de se déplacer en déchetterie, soit qu’une équipe vienne récupérer les déchets chez eux grâce à une ligne « allô déchets ». AIP ReFon demande une simple participation forfaitaire de 10€ (à 20 € selon le matériau) du mètre cube à débarrasser. Le reste est à la charge du syndicat.

Les « monstres » sont en effet une nouvelle source de pollution, parce que certains cassent par exemple des écrans d’ordinateurs ou de téléviseurs par jeu ou pour en récupérer le cuivre, notamment. Ceci a pour conséquence de faire s’échapper des gaz toxiques qui ont des répercussions sur la santé des riverains et la faune et la flore locales.

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Camion contenant de trop nombreux écrans, victimes de l’obsolescence programmée et de la surconsommation
Photo - Emmanuelle Orvain

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