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Visite de l’usine de tri des déchets de Tournan-en-Brie

lundi 2 décembre 2013, par Hélène Lipietz, Emmanuelle Orvain

Conviée par M. Rodriguez, président, à visiter l’usine de tri dépendant du SIETOM (Syndicat mixte pour l’enlèvement et le traitement des ordures ménagères de la région de Tournan-en-Brie), j’ai pensé à apporter mes piles pour les déposer dans le bac dédié. Un « apport volontaire » qui a fait sourire, mais que je considère comme très important et très citoyen : si une Sénatrice ne montre pas l’exemple, qui le fera ?

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Me voici en train de vider ma « poubelle à piles »
Photo - Emmanuelle Orvain

Voir en ligne : Pour tout savoir sur le SIETOM

Une image soignée

Nous avons visité les bureaux qui comportent les pôles « administratif » et « fonctionnement » : la comptabilité, le service collecte sélective et maintenance, le service communication responsable de l’édition du SIETOM Infos et de la communication écrite, le service prévention en charge de la mise en place et du suivi du Programme Local de Prévention (sensibilisation sur le compostage individuel, mise en place d’activités pédagogiques), le pôle « assistance réseau déchetterie » qui crée et attribue les cartes aux particuliers qui les demandent… Un agent assisté d’une collaboratrice est en charge du contrôle des cinq déchetteries du SIETOM, et du respect de son règlement. La mise en place de la vidéosurveillance sur chaque installation (3 caméras par site) permet de rassurer les gardiens qui sont parfois pris à partie, voire agressés, tant l’obligation faite de ne plus procéder à des décharges sauvages et la complexité du tri bouleverse les habitudes.

Cette surveillance permet aussi d’arrêter des voleurs, qui comme le soulignait sa responsable, font parfois des milliers d’euros de dégâts pour voler l’équivalent de 20€ de cuivre, cassant sans précaution les écrans des appareils qui libèrent dans l’air des gaz toxiques.

Le SIETOM souhaite valoriser son image de marque à travers un travail impeccable dans les déchetteries, permettant ainsi de limiter les dépôts et décharges sauvages. Le syndicat fait d’ailleurs de ces entassements illégaux un cheval de bataille en sensibilisant au maximum les particuliers sur le fait que les déchetteries du secteur sont ouvertes toute la semaine à tour de rôle. Les seules pauses sont le dimanche après-midi et les jours fériés.

Les déchets des professionnels ne sont pas gérés par le SIETOM, ils disposent de leurs propres filières de traitement.

Le déchargement des bennes

A l’extérieur du bâtiment, chaque camion arrivant passe sur un plateau pour la pesée, afin de connaître son tonnage et son lieu de collecte. Il en va de même à la sortie, comme l’impose la loi. C’est en tous cas une démarche sur laquelle la direction du SIETOM n’a jamais transigé. Cela permet de responsabiliser les employés et de garantir la qualité des déchets déchargés. Grâce à cette pratique, la qualité du produit place le SIETOM parmi les meilleurs élèves français avec moins de 10% d’erreurs (pour 25% de refus en moyenne en Seine-et-Marne).

Le contenu de chaque benne est vérifié à son arrivée pour en contrôler la qualité. Ensuite, les bennes se vident au milieu du hall de déchargement et un bulldozer étale les produits de la collecte. Son godet contient entre 700 kg et 1 tonne.

Depuis quelques mois, un bras permet de trier les cartons (qui représentent 50% des déchets, provenant des bacs de tri des particuliers et de leurs dépôts en déchetterie). Cet outil limite les gestes de grande envergure de la part des trieurs, leur évitant d’être victimes de TMS (Troubles Musculo-Squelettiques). Ce pré-tri diminue également les problèmes d’ordre mécanique de bourrage sur les chaînes de tri.

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Le nouvel engin de tri qui met de côté les grands cartons
Photo - Emmanuelle Orvain

Le traitement des déchets se fait du plus ancien au plus récent, afin d’éviter la prolifération de rats ou autres intrus.

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La montagne de déchets
Photo - Emmanuelle Orvain

Les étapes de tri au SIETOM

Après le stade du pré-tri, un tri mécanique est réalisé. Les déchets sont envoyés dans un crible à étoiles. Ce tri grossier permet d’orienter le gisement : les corps plats montent et les corps creux descendent.

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Convoi des déchets vers le crible à étoiles
Photo - Emmanuelle Orvain

Ensuite, les déchets passent sur des tapis. Un code couleur est déterminé.

  • Un tapis vert recense les objets prêts à être compactés. Une presse à balle compresse les plastiques, canettes, cartons… L’humain n’intervient absolument pas.
  • Un tapis orange reçoit les refus, déchets qui auraient dû aller dans les bacs tout venant (parfois, une caractérisation des refus est menée afin de les qualifier, de faire les potentielles modifications sur le crible à étoiles).
  • Le tapis bleu reçoit les corps plats. Un aimant permet d’y extraire tout l’acier (8%). Puis un agent affineur (et non "trieur") re-trie et réoriente les produits plastiques par un travail d’affinage.

Ce premier tri est envoyé dans des bacs, espaces dédiés qui permettent au SIETOM de travailler par campagnes de produits afin d’éviter les mélanges de matières (journal, plastique…).

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Ici, des journaux provenant des apports volontaires en déchetterie
Photo - Emmanuelle Orvain

Le tri manuel : de dures conditions de travail

Un agent de tri effectue environ 2 500 gestes à l’heure : il est le dernier maillon de la chaîne de tri. Avec son autre collègue, ils doivent vérifier les 3 tonnes de déchets qui défilent chaque heure sur les tapis. Le personnel fait un travail fatiguant, et dans le bruit constant. C’est la raison pour laquelle des bouchons d’oreilles sont indispensables.

Du point de vue ergonomique, la chaîne de tri a été repensée et est en constante amélioration : des tapis de sol en mousse sont placés aux pieds des agents afin que leurs articulations ressentent moins les vibrations des tapis roulants. Les TMS représentent le principal danger ici. L’exploitant du site est fier de nous annoncer qu’aucun accident de travail n’a été recensé depuis 650 jours.

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Les agents de tri sont là pour peaufiner le travail des machines
Photo - Emmanuelle Orvain

Le bâtiment a également été conçu pour que le personnel ne soit pas éclairé uniquement par une lumière indirecte comme des néons. Ainsi, de grandes baies vitrées opaques font entrer la lumière naturelle.

Cependant, peu de personnes parviennent à rester en poste, les tapis roulants donnant facilement le mal de mer par le simple fait de les regarder comme nous l’avons expérimenté, alors que nous ne sommes restées que 10 minutes devant eux. Le temps de travail quotidien des agents se découpe sur les plages horaires suivantes : 8h30 - 16h30, avec deux pauses de 15 minutes et une pause déjeuner de 30 minutes.

Les emplois au SITEOM

  • 85 postes à la collecte (collecteur sous contrat)
  • 15 personnes à la déchetterie (exploitation sous contrat)
  • 15 personnes sur le centre d’Ozoir (exploitation sous contrat)
  • environ 15 personnes au siège du SIETOM (dont 8 agents dédiés à la communication de terrain)

Le résultat ultime : des balles de déchets

Lorsque l’on voit les balles de déchets, on se rend compte que le plastique (blanc, transparent, coloré) est le déchet prédominant. Pourquoi a-t-on tant besoin de plastique ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Les conséquences sont désastreuses pour l’environnement à l’échelle mondiale, comme le continent de déchets qui se forme dans l’Océan Pacifique. Les briques alimentaires (soupes préparées) représentent 5% du gisement. Les citoyens ignorent encore que les plats cuisinés peuvent être intégrés au tri sélectif. Il suffit de bien racler le fond du plat.

Dans tous les cas, une vérification est menée dans le lieu de stockage des balles afin d’assurer la meilleure qualité possible des balles.

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Balles de cartons, plastiques transparents, plastiques colorés…
Photo - Emmanuelle Orvain

L’aluminium ne représente, quant à lui, qu’un pour cent du tri des particuliers, soit une à deux évacuations par an. Le traitement des déchets se fait dans des filières avec lesquelles le SIETOM conclue des contrats. Le transport vers ces autres filières de recyclage suit la route et non le rail, malheureusement ! A l’extérieur du bâtiment, de grands emplacements recueillent certains déchets non pas en balle, mais en vrac. C’est le cas du verre blanc et coloré et des aérosols. Comme AIP ReFon, le SIETOM prend à sa charge la réparation des bacs de tri sur place.

Le SIETOM, centre de tri, centre d’intérêt

Depuis l’ouverture du site en 2007, une journée portes ouvertes est organisée chaque année et attire toujours plus de citoyens curieux. Une salle pédagogique a été mise en place. Elle permet à des groupes scolaires de prendre conscience de la complexité du tri en les faisant participer à une mini-chaîne de tri. Cette animation plaît énormément. Les jeunes se rendent compte de la rapidité d’action des agents en visitant et reproduisent la même chose dans un cadre ludique.

Cette animation permet aussi de faire comprendre aux enfants (et aux adultes) que chaque erreur de tri ou chaque paresse dans le tri chez nous est un travail supplémentaire pour le personnel, un mouvement de plus, une fatigue de plus pour eux après une fatigue de moins pour nous.

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Passage par la salle pédagogique lors de la visite
Photo - Emmanuelle Orvain

C’est avec plaisir que nous avons conclu ce rendez-vous sous le soleil, à côté d’un bac à compost créé pour que les scolaires puissent comprendre le mécanisme de biodégradation des déchets organiques, à défaut de visiter l’usine de compostage.

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