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L’ultime mémoire

Ou la preuve que toute pièce n’est pas bonne à produire

jeudi 15 mars 2007, par Hélène Lipietz

Voici le mémoire que Rémi vient d’envoyer à la Cour administrative d’appel, après avoir reçu un mémoire de la SNCF accompagné de deux pièces présentées comme un ordre de réquisition.

A force de réclamer à la SNCF qu’elle établisse la preuve de la réquisition, nous avons eu la terreur de voir arriver un mémoire par télécopie annonçant un « ordre de réquisition se présentant en 2 pièces ». Pendant 2 jours, nous avons attendu les copies de ces 2 pièces puisque la Cour administrative d’appel ne pouvait nous les faxer…

Heureusement, certains passages de ces pièces avaient été retranscrits par notre adversaire et donc nous avons pu nous apercevoir que ce prétendu ordre de réquisition était connu à travers le rapport BACHELIER, mais surtout qu’il ne s’agissait nullement d’un ordre de réquisition, même en deux pièces.

un ordre hiérarchique

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Ordre hiérarchique

et qu’à cette occasion, il conviendra de récupérer les récipients d’eau potable et de seaux hygiéniques ! Scrogneugneu, l’ordre doit régner et c’est toujours ça que les boches n’auront pas…

Rien dans cette pièce sur qui doit remplir les récipients d’eau ni qui doit les vider… En effet, comment la police saurait de tels détails que seule la SNCF doit connaître : elle seule sait où l’on peut faire le plein d’eau.

Et S.Klarsfeld, dans le Calendrier de la Persécution, indique que ce convoi partit le 31 août à 5 h 45 pour arriver à Drancy le premier septembre. C’était le huitième convoi de la zone libre. Il s’arrêta en gare de la Blancarde, près de Marseille et quelqu’un témoigne :

« En gare, on ouvre les portes et les vantaux des wagons… les visages font peine à voir et l’odeur est horrible. Les malheureux se jettent sur notre eau et nos provisions… mais pas un cri, pas une plainte. Les figures seules, crispées et ravagées, les yeux pleins de larmes témoignent des souffrances endurées…une femme veut jeter son enfant par la portière pour nous le confier »

Ces femmes, ces enfants, ces hommes partirent sans retour en plusieurs vagues, certains dés le lendemain.

un banal bon de commande

<doc52|left> Quant à la seconde pièce, c’est un banal bon de commande par lequel le Préfet requiert la SNCF, donne l’ordre formel à la SNCF de mettre à sa disposition : 4 wagons de voyageurs, 24 wagons couverts pour le transport de 713 personnes.

Mais surtout, cette dépense sera réglée par mémoire en la forme habituelle…, forme sans doute prévue par la fameuse convention régissant les transport de l’espèce, toujours par produite par la SNCF…

la SNCF cupide

Rien dans ces 2 pièces n’interdisait à la SNCF de fournir de l’eau, de vider des tinettes, et surtout de mettre ma grand-mère et mon oncle dans des voitures et non dans les wagons à bestiaux.

Bref la SNCF n’a toujours pas prouvé qu’elle était requise, ni qu’elle était sous la menace des Allemands.

Il aurait mieux, à mon avis, valu que la SNCf ne produise pas ces pièces qui indiquent clairement qu’aucun ordre ne lui était donné d’être inhumaine, pingre au point de refuser l’eau à ses voyageurs forcés, alors même que l’eau de l’époque était gratuite ! Mais prendre le temps de vider les tinettes, de remplir les bidons d’eau eut été perdre du temps et n’aurait pas été payé à la SNCF ! Or, comme nous devrions tous le savoir « la SNCF aujourd’hui comme à l’époque doit faire rouler les trains » !

Comme l’a si cruellement, mais si justement plaidé Rémi dans sa première plaidoirie d’appel," la SNCF réunit dans cette affaire la cupidité d’une entreprise privée, le zèle dévoyé du service public et l’indifférence la plus absolue au malheur absolu".

Bref, je vais partir confiante pour Bordeaux, même si je pense que le commissaire du Gouvernement sera toujours contre nous. Maïeul mettra la troisième plaidoirie de son père sur le site à 18 heures le 21 mars 2007.

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