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Circulez, il n’y a rien à juger…

Le Conseil d’Etat a rendu son avis : il n’y a plus rien à indemniser

lundi 16 février 2009, par Hélène Lipietz

Cet article est un coup de cœur, irréfléchi, irrationnel, mais il fallait que je l’écrive immédiatement, sans recul, pour Papa, pour les enfants qui partirent « habillés comme des petits princes  », …

J’ai mal au cœur, physiquement mal au cœur. Je suis bouleversée tant j’ai honte.

Moi qui étais si fière d’être une avocate en droit public, moi qui magnifiait tant le droit public… Le Conseil d’Etat s’est chargé de me rappeler que ses membres avaient validé les lois infâmes de VICHY (désolée pour les habitants de cette jolie ville).

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L’avis du CE

Les lois de la honte ayant été votées, il appartenait à ceux qui ne s’estimaient pas Juifs de le prouver, depuis Drancy, depuis Auschwitz, depuis la Nuit et le Brouillard, sans doute, parce que la loi est le Loi … Cela s’appelle le positivisme juridique !

60 ans après, pourquoi cet arrêt rendu sur un moyen soulevé par le Commissaire du Gouvernement : le forfait ? Les Déportés ont été indemnisés de tout, il n’y a plus rien à voir ! Mais s’ils avaient attrapé le SIDA, s’ils avaient été victimes de l’amiante, ils auraient eu droit à l’indemnisation forfaitaire et à une indemnisation supplémentaire !

Et tant pis pour les préjudices qui n’ont pas été indemnisés : le préjudice moral de Papa, de Guy(je n’ose pas l’appeler), de Mamie et Papy, Tant pis pour ceux qui ont vu partir leurs grands-parents et qui n’ont plus jamais pu grandir avec eux… Tant pis pour ceux dont les frères et sœurs se sont envolés en fumée

Ils n’ont pas été indemnisés de cette souffrance, 60 ans après, ce n’est pas grave, ce n’est plus grave.

Et tant pis pour l’espoir qu’avait fait naître l’arrêt PELLETIER « il appartient aux victimes de demander réparation selon les règles de droits commun »

Heureusement, Papa est mort emportant avec lui son impossible pardon, aujourd’hui il ne pourrait toujours pas pardonner

miraculeusement rescapé des griffes des gangsters S.S.

il n’a jamais oublié les centaines de petits enfants qu’il a vus partir vers une mort atroce ;

il n’a jamais pardonné à leurs bourreaux nazis

ni surtout à leurs ignobles complices de Vichy

dont le zèle a permis l’accomplissement de tels forfaits.

(texte écrit par Papa pour l’annonce de sa mort, 10 ans avant celle-ci)

Allez, il faut que l’Espoir soit plus fort que la bêtise, il faut espérer que les tribunaux administratifs résistent à cet avis… Cela ne fait que 60 ans que les victimes attendent, alors un peu de plus…

Forum

6 Messages

  • Circulez, il n’y a rien à juger… Le 26 octobre 2011 à 04:15, par Catherine Badel

    Hélène, j’ai eu l’occasion de vous rencontrer au café des lumières de Pierrot (pour me situer). Je n’ai aucune connaissance en droit. Cela ne m’empêche pas de penser qu’il y a quelque chose de profondément injuste pour votre papa et votre famille. Et cela va plus loin que l’intérêt personnel d’un famille, car il s’agit aussi d’une cause morale universelle. Celle qui considère que l’être humain ne peut être persécuté au nom d’une idéologie. Je suis de tout coeur avec vous, en tant qu’être humain solidaire. Catherine Badel.

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  • Circulez, il n’y a rien à juger… Le 16 janvier 2014 à 18:42, par Erwan

    Sensible à la souffrance des personnes déportées ainsi qu’à celle de leurs descendants (même s’ils n’ont pas vécu cet enfer, être fils ou fille de déportés est source de souffrance et , dans certains cas, de troubles difficilement surmontables), je n’ai cependant jamais été convaincu par la justesse de ce procès fait à l’Etat et à la SNCF.

    L’Etat français n’est pas, dans une perspective historique, 1 et indivisible.

    Peut-on reprocher à l’Etat français les massacres de l’armée napoléonienne ?

    Ou les exactions de l’armée française vis-à-vis des Bretons, des Algériens, des Camerounais ?…

    La souffrance est-elle soluble dans une réparation financière ?

    Pourquoi vouloir faire supporter cela aux contribuables d’aujourd’hui ? En quoi cela serait-il juste ?

    Bien à vous.

    Erwan.

    PS : j’ai eu l’occasion, il y a quelques années, d’adresser un email à Alain (Lipietz) en réaction à une inteview qu’il avait donnée au journal « la tribune de l’économie » au sujet du changement climatique. J’y exprimais mon étonnement face à son choix de ne présenter que le scénario le plus pessimiste parmi les 3 scénarios développés par le GIEC. Je n’ai pas manqué de rappeler que le GIEC lui-même était soumis à de vives controverses au sein même de la communauté scientifique internationale (laissons de côté les fantaisistes et les marginaux dans ce débat) : certains membres éminents le considérant comme exagérément pessimiste car en proie à des pressions politiques et économiques. au moins, y-avait-il matière à s’interroger… Alain m’a répondu que j’étais ignorant et « révisionniste » !!… Vous comprendrez que j’espère une réponse plus ouverte et non injurieuse de votre part…

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    • Circulez, il n’y a rien à juger… Le 16 janvier 2014 à 19:12, par Hélène Lipietz

      Bonjour,

      Vous n’allez pas être content et j’en suis désolée, mais je crois avoir répondu à vos interrogations dans des articles de ce site, cherchez bien je suis sure que vous trouverez un début de réponse à une question à laquelle je ne peux répondre : ce n’est pas mon procès, c’est celui de mon père. Il l’a voulu, il l’a attendu toute sa vie, il l’a engagé et est mort avant d’avoir la réponse.

      je crois juste qu’il y a une différence de nature entre un crime de guerre,

      *massacre liés à la « libération napoléonienne » en réalité nécessité d’approvisionner la France avec le blé égyptien * crimes de l’armée républicaine contre les Vendée ou encore les massacres d’Algérie

      et le crime contre l’humanité que sont les lois pétainistes et le code noir sur l’esclavage… Encore que je pense que les victimes de tortures en Algérie pourraient en demander réparation.

      Et puis je ne peux pas, ne veux pas, comparer la réparation demandée par une victime ou ses descendant directs et celle demandées par les descendants à plusieurs degrés de victimes.

      Enfin avouez que si, à la sortie de la guerre, on avait rendu justice à nos parents, juifs, homo, gens du voyage, résistants, malades mentaux, noirs, on n’aurait pas eu ce besoin de réparation… mais le mythe de la France occupée qui n’était pas la France a fait fi du malheur des innocents .

      Quant au changement climatique, je n’y connais strictement rien, à part que je pense qu’on devrait plus tôt parler de dérèglement climatique, je suis spécialiste de la réorganisation territoriale ou du droit des étrangers… Je laisse donc les spécialistes à leurs querelles …

      Toutefois, vous dites que c’était il y a quelques années que vous aviez interrogé mon frère… si je me souviens bien des dernières publications du GIEC, il semblerait que le scénario n’était pas encore assez pessimiste, mais je me trompe peut-être…

      de toute façon on est bien mal parti et j’ai peur qu’on soit déjà trop loin pour faire marche arrière.

      Ce qui me préoccupe le plus c’est de penser que nos enfants paieront pour notre refus de voir la réalité qu’elle soit grise ou noire ! et surtout que ce sont ceux des plus pauvres qui paieront.

      En vous remerciant de votre lecture qui, je le sais, doit vous avoir laissé sur votre faim mais je ne suis pas une grande intello, j’essaye juste de faire mon métier de sénatrice le moins mal possible en étant fidèle à ce que je dis et que j’essaye de faire ☺

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      • Circulez, il n’y a rien à juger… Le 16 janvier 2014 à 19:25, par Hélène Lipietz

        et puis zut, j’ai fait la bêtise de relire mon article et je suis de nouveau en pleurs parce que je pense à Papa qui espérait tant et aux petits princes qu’il a vu partir… ils avaient l’âge de Xavier, ils avaient l’âge de Clémence, mes petits enfants chéris…

        Qu’avaient-ils fait pour monter dans ce train ?

        Que voulait dire pour eux être Juif ? Simplement peut-être les lumières d’hanoucca qui font si souvent échos à notre Nativité chrétienne.

        J’aurais dû mettre ce forum à la poubelle, ne pas chercher à le relire… Je ne pensais pas que j’étais encore si peu guérie du syndrome de la survivante… 70 ans après un événement que je n’ai pas connu, 10 ans après la mort de Papa…

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  • Circulez, il n’y a rien à juger… Le 5 juillet 2015 à 12:15, par ndre limot

    Bonjour,

    Si possible pouvez vous me donner le nom du commissaire du gouvernement j’ai moimême un contentieux avec l’un d’eux.

    Merci

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