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Quand on oublie ses propres écrits

ou la mémoire courte de Serge Klarsfeld

dimanche 11 juin 2006, par Hélène Lipietz

C’est pas que je voudrai être méchante, mais je n’aime pas, mais vraiment pas, qu’on essaye de faire prendre les LIPIETZ-ROUQUETTE, pour des illettrés.

Certes, Papa n’était qu’ingénieur des mines de Paris, Maman n’est que licenciée en droit et en anglais, Rémi n’est que docteur en Droit public, Alain n’est que polytechnicien, ma soeur n’est que neurologue et moi que diplômée d’études approfondies en théorie du droit, mais quand même, nous savons lire et notamment lire les articles de Serge Klarsfeld ou de son fils quand ils déclarent que le procès repose sur des bases historiques erronées tout comme lorsqu’ils expliquent que la SNCF aurait dû et pu, manifester son opposition au rôle qu’on lui faisait jouer.

Alors pour ceux que les déclarations fracassantes de Serge ou Arno Klarsfeld aux médias feraient douter de la pertinence du jugement, voici les extraits choisis de la communication passionnante faite par Serge Klarsfeld au colloque organisé par la SNCF en mai 2001, suite aux découvertes faites par Kurt SCHAECHTER aux archives de Toulouse.

Durant 7 pages, S. Klarsfeld ne cite jamais ce vieux monsieur, alors même qu’il cite les pièces fondamentales qu’il a découvertes, en particulier les factures d’août 1944. Il est vrai qu’à la conférence de presse du 7 juin 2006, nous apprendrons par Kurt que Serge Klarsfeld aurait confisqué, à son profit, des pièces que Kurt lui avait envoyées…

Ce texte est difficilement trouvable sur internet, même si je mets ici le lien. Les actes du colloque de l’AHICF ont été édités au Presses universitaires de France mais sont actuellement épuisés.

Les titres sont de ma main

absence de contrôle allemand (page 3)

Quatre étapes durant lesquelles la SNCF a accompli le rôle important, et que l’on peut juger dégradant, que les autorités de Vichy exigeaient d’elle, mais sans être contrôlée par les Allemands, puisque, jusqu’à la ligne de démarcation, la SNCF n’avait pas à les informer des mouvements de trains à l’intérieur de la zone libre.

la SNCF, une personne morale distincte de la somme de ses employés (page 5)

même si on exécute sans haine et sans enthousiasme les missions prescrites par un État autoritaire, les dégâts sont considérables. La volonté partie du sommet est insufflée dans les rouages et même si ceux-ci fonctionnaient sans haine et souvent à regret, ils fonctionnaient quand même et avec efficacité.

choix ou réquisition (page 5)

Il nous paraît certain que le rôle de la SNCF, même lorsqu’elle était réquisitionnée comme pouvaient l’être les gendarmes pour escorter un train, n’était pas de se faire payer pour transporter, dans des conditions opposées à celles qui existaient en temps de paix, des victimes, dont rien ne justifiait l’arrestation, les mauvais traitements et la déportation, surtout quand il s’agissait de mineurs de moins de 15 ans.

absence d’opposition de la SNCF (même page)

Certes, la SNCF n’a pas démarché les Allemands pour qu’ils déportent les Juifs et pour qu’elle en tire un profit, mais elle aurait dû et pu manifester son opposition au rôle qu’on lui faisait jouer, en refusant au minimum d’être payée pour des transports par lesquels elle apportait un réel soutien matériel au crime nazi. Pas seulement en ce qui concerne la population juive mais également à l’encontre de milliers de déportés résistants partis de Compiègne.

une absolue indifférence (même page)

nous constatons l’absolue indifférence d’une administration, d’une gestion qui ne tolère pas le manque à gagner et qui ne se rend pas compte qu’en réclamant le paiement de ses factures elle se rend moralement encore davantage complice des crimes qui viennent d’être commis. Le 12 août 1944, la subdivision du contrôle des recettes “ voyageurs ” à Paris réclame au préfet de Haute-Garonne 210 000 F pour les transports d’internés du camp de Noé pendant le premier trimestre 1944. Cette correspondance se poursuivra bien après la Libération. Il serait intéressant de retrouver de telles factures afin de savoir si la SNCF a jamais renoncé à l’une d’entre elles.

une faute de service (même page)

En tout cas, si la SNCF ne peut être juridiquement complice de crimes contre l’humanité, il n’en reste pas moins qu’elle a été régulièrement payée pour avoir mal agi et qu’en tant qu’entreprise publique elle devrait prendre en considération cette ombre, comme l’ont fait récemment d’autres institutions publiques ou privées

des wagons toujours prêts (page 6)

Les historiens se sont relativement peu intéressés à ce domaine des -transports, où la pénurie de locomotives et de wagons pour transporter les Juifs vers les lieux d’extermination n’a pratiquement jamais été constatée. De la même manière, les voies ferrées devant les trains de déportation -des Juifs ou des non-Juifs n’ont pas été l’objet de bombardements ou de sabotages, en dépit de la connaissance précise du fonctionnement des locomotives dont il a été fait état tout à l’heure.

Papa n’est pas un survivant comme un autre ! (même page)

Quel est le déporté survivant qui n’a pas rapporté son terrible voyage vers le camp ? Quant à la représentation visuelle de la déportation, les images du parcours en wagons plombés précèdent toujours celle du camp de la mort. Mais, presque toujours, il s’agit d’une description et non d’une réelle mise en cause.

Forum

4 Messages

  • Quand on oublie ses propres écrits Le 9 septembre 2006 à 14:16

    Je découvre ce site Peut-être n’ai je rien compris Je n’arrive pas à écire dans la case titre Si je pouvais j’écrirais comme titre :

    L’analyse du passé doit éclairer et guider nos actions présentes. Pas seulement celles de mémoire. Que vos parents aient ou non lutté hier contre Pétain et Papon, si vous avez une âme et une conscience participez aujourd’hui à RESF (Réseau Education Sans Frontières) et sauvez au moins les enfants de la déportation Texte : Mr Klarsfeld participe actuellement au processus de décision des expulsions d’adultes et d’enfants décrétés « étrangers » par les services de Mr Sarkozi. Combien la SNCF et Air France ou d’autres sont-ils rétribués ? Combien de victimes ou de leurs enfants porteront plaintes dans 65 ans ? Combien auront ou non gain de cause ? Je respecte tout à fait le devoir de mémoire. Mais il me souvient, alors que je n’étais qu’un enfant, des nombreux "tontons, « tatas » et « cousins » qui séjournaient chez nous de 41 à 44, étape sur la route dangereuse vers la survie et la liberté. A l’exemple de mes parents à l’époque, il me semble essentiel d’essayer, au moment où les choses se passent, d’essayer de les empêcher. Le rôle de Mr Klarsfeld actuellement, me parait très comparable à celui de Mr Papon à l’époque. Il plaidera lui aussi (peut-être après avoir accédé aux mêmes hautes fonction grâce à cela) dans 50 ans « qu’il ne savait pas » qu’en Tchétchénie, au Darfour et dans tout un tas d’autres pays (dont l’Algérie) arriver menotté venant de France peut suffire à être considéré comme « à liquider »… L’analyse du passé doit éclairer et guider toutes nos actions présentes. Pas seulement celles de mémoire. Michel Grosmann michelgrosmann@mac.com

    Je ne peux pas non plus accéder à le case « qui êtes vous »

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  • Quand on oublie ses propres écrits Le 11 juin 2007 à 11:41, par Michelle Goldstein

    Serge Klarsfeld a emprunté des photos des enfants morts dans les camps, il refuse de les rendre aux propriétaires !

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    • Quand on oublie ses propres écrits Le 12 juin 2007 à 06:31, par Hélène Lipietz

      Jaimerai plus de détails. Vous pouvez même m’envoyer un article que je publierai.

      Mais votre affirmation n’est pas la première, pusique le père a aussi séquestré les documents découverts par Kurt Schaefter… C’est une manie chez eux ?

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  • Quand on oublie ses propres écrits Le 15 janvier 2008 à 07:22, par Luc Nemeth

    (Bonjour. Ce n’est là qu’un détail, sans doute, mais je vous indique que ce Klarsfeld oublie les paroles avec une rapidité aussi surprenante que les écrits. Ci-dessous, extrait d’un courriel que j’ai eu l’occasion d’adresser à un journal. J’en profite pour saluer la mémoire de l’ami Kurt Werner Schaechter. Cordialement)

    …/ Voilà qui me rappelle une situation qui remonte à il y a maintenant bientôt quatre ans, mais dont je ne souhaite pas que l’intéressé l’emporte au paradis Cela se passait à Drancy, le 28 octobre 2003. Mon ami Gene Straussmann était venu des Etats-Unis avec sa fille, sa soeur, les deux fils de celle-ci et leurs girl-friends (sept personnes au total) pour assister à la cérémonie commémorant le soixantième anniversaire du départ du convoi du 28 octobre 1943 pour Auschwitz, dont son père Samuel Straussmann arrêté à Nice ne revint jamais. Et bien sûr j’avais accompagné Gene et les siens à Drancy, laissant de côté pour la circonstance les sentiments que m’inspirent ce genre de pince-fesses et ceux qui les organisent. La cérémonie, organisée je vous le rappelle par les Fils et Filles des Déportés Juifs de France (président : Serge Klarsfeld, comme ne manque jamais de le rappeler avec un exquis bon goût l’annonce qui paraît en ce cas dans le « Monde ») se déroula suivant le mode habituel : discours, lecture des mille noms un par un, prise de parole par les éventuels rares survivants ou par les descendants. Mon ami Gene souhaita dire quelques mots, commença en français, mais, ayant oublié notre langue, il continua en anglais. Il proposa que je traduise (ce qu’en principe je suis capable de faire, ayant vécu aux Etats-Unis) mais Klarsfeld insista pour le faire lui-même (ce que cet avocat international est assurément capable de faire, et que je ne tenais pas plus à faire). A un moment donné, Jean-Claude devenu Gene prononça une phrase à laquelle je ne m’attendais pas du tout : « (…) et il y a parmi nous le fils de l’homme qui m’a sauvé la vie, le docteur Nemeth ». En fait, mon père n’avait pas pris lui-même de risque, mais il avait eu le bon réflexe au bon moment : ayant compris, après l’armistice italien du 8 septembre 1943, que les choses allaient se gâter pour les juifs réfugiés en zone d’occupation niçoise, il avait envoyé là-bas une femme -"goye" bien sûr- pour exfiltrer le gosse. Sans doute aurez-vous déjà compris la suite : le nommé Serge Klarsfeld traduisit les propos de Gene, avec une précision que je me garderai bien de mettre en cause, mais… escamota la phrase que j’ai cru devoir ici reproduire. J’ignore totalement, ce qui aura valu à mon père cette posthume disgrâce (encore qu’il se fichait bien du baveux hommage qu’aurait pu lui le vil courtisan chiraquien Serge Klarsfeld)… Le baveux aurait-il donc la prétention d’avoir tout fait lui-même, à une époque où il était encore en culottes courtes ? Est-ce que mon nom, dans ce milieu, serait sinonyme de celui de Belzébuth ? Sur le moment je n’ai pas réagi. D’abord parce qu’aux yeux du public, a priori bien disposé à l’égard de ce bienfaiteur notoire, je serais aisément passé pour un profanateur de commémorations. Mais aussi et surtout parce qu’en réagissant j’aurais eu l’impression d’offenser la modestie de mon père qui JAMAIS ne fit allusion devant personne (et pas même devant moi, quelle qu’aît pu être notre proximité voire notre complicité) à son rôle. J’ai bien conscience, en réagissant, d’enfreindre cette modestie, mais je n’ai pas plus de patience pour l’imposture. Et j’en ai d’autant moins à l’heure où le petit lêche-bottes sarkozien Arno Klarsfeld écrit à son tour une page particulièrement sale, dans l’histoire du peuple qui donna au monde les combattants du ghetto de Varsovie.

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